La photo me lasse de plus en plus. La mienne, celle des autres, la photographie, au sens le plus large.

Je ne produis plus -je mets ça sur le dos d’un manque de temps mais je sais que d’autres raisons prévalent- et ça m’épuise. Peut-être parce que j’emmagasine des choses que j’avais pris l’habitude de laisser s’échapper en photo. Depuis quelques semaines, les photographes adeptes du numérique autour de moi se décident à franchir le pas vers l’argentique, de plus en plus souvent en décidant de sauter le 24*36 pour aller immédiatement marcher dans le jardin du moyen format, et ça m’exaspère. Certains -peut-être même tous- en sont probablement là dans le cheminement de leur pratique, mais cette impression de mode et de « je dois essayer ce que fait mon voisin » me fatigue et me donne envie de fuir. Alors que je me plais depuis des années à revendiquer le moyen-format comme outil argentique complet, à la fois extrêmement rigoureux et tout à fait accessible. Et me voilà donc à regarder tous les jours les pellicules qui patientent au frigo et les boîtiers qui m’attendent sur les étagères, avec une envie grandissante de les laisser posés là, probablement pour un bon moment.

Comme mon passage à l’argentique à été motivé par le besoin de manipuler mon support photographique, cette nouvelle étape suit un besoin toujours plus envahissant de créer du tangible. Les idées fusent, certaines, une en particuliers, s’arrêtent un peu plus longtemps. Au point de me démanger. Mais je suis un trouillard, j’hésite, j’ai besoin d’être sûr, j’ai peur, je me décide puis me ravise, j’évolue lentement. Alors l’idée est là, endormie mais bientôt dévorante. Les détails techniques se mettent en place déjà, les uns après les autres, dans ma tête. Les dimensions, le comment, le comment montrer.

Cet accouchement prend du temps car c’est un travail sur moi avant d’être un travail sur l’oeuvre. C’est un travail sur le lâcher-prise et sur l’abandon de la sécurité, sur le nouveau, sur le sacré et le commun, sur la pratique et l’évolution, sur … tout à la fois. C’est long, c’est vaste, et j’ai peur de ne pas me plaire dans ce travail sur et pour moi.

Bon, la photo n’est peut-être pas tout à fait derrière moi pour autant, j’ai encore des choses à essayer, des techniques et des outils à tenter et à tenter de m’approprier, mais je crois que ce n’est pas un hasard si je suis en veille.



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